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Importation

Voiture d'Allemagne en Suisse : la marche à suivre en huit étapes

10 min de lecture

Faire venir un véhicule d'Allemagne en Suisse n'est pas une démarche unique, mais une chaîne de huit, et chaque maillon a une condition préalable. Qui les aborde dans le mauvais ordre ne perd pas des frais, mais des semaines.

D'où vient l'écart de prix

Le parc d'occasions allemand est le plus grand de l'espace germanophone, et le volume à lui seul fait baisser les prix. Pour un modèle recherché, on y trouve des dizaines de véhicules comparables côte à côte ; en Suisse, souvent une poignée. Un vendeur face à une offre abondante ne négocie pas comme celui dont le véhicule est le seul de son genre à la ronde.

La deuxième raison tient à la composition du parc. Les gros moteurs diesel et les kilométrages élevés sont plus répandus en Allemagne, la transmission intégrale et la boîte automatique y sont en revanche plus rares et plus chères. En Suisse, la demande est exactement inverse. C'est une observation tirée de ce qui est mis en annonce des deux côtés, pas une loi de la nature — mais elle explique pourquoi ce sont justement des breaks à gros moteur et des véhicules à forte charge remorquable qui passent la frontière.

Ce que le prix de l'annonce ne dit pas : entre lui et la plaque suisse, il y a l'impôt sur les véhicules automobiles, la TVA à l'importation, le convoyage, le contrôle technique et l'immatriculation. Les droits de douane n'en font plus partie depuis le 1er janvier 2024, mais vous devez tout de même déclarer l'importation. Le calcul est gagnant si l'écart dépasse cette somme — et il l'est rarement pour des modèles récents qui sont recherchés en Suisse.

Les huit étapes en un coup d'œil

L'ordre n'est pas une question de goût. Chaque étape suppose un document produit par la précédente, et à deux endroits il n'y a pas de retour en arrière : sans déclaration à la frontière, pas de décision de taxation, et sans décision de taxation, le service des automobiles n'accepte pas le véhicule.

  • Premièrement : vérifier les papiers du véhicule avant de signer quoi que ce soit.
  • Deuxièmement : conclure le contrat de vente et payer, avec l'exportation déjà réglée.
  • Troisièmement : désimmatriculer le véhicule en Allemagne et se procurer des plaques pour le trajet.
  • Quatrièmement : convoyer — en roulant soi-même ou sur une remorque.
  • Cinquièmement : déclarer l'importation à un poste de douane occupé de l'OFDF.
  • Sixièmement : payer les redevances et recevoir la décision de taxation.
  • Septièmement : souscrire l'assurance responsabilité civile et fournir la preuve concernant les gaz d'échappement et le bruit.
  • Huitièmement : rendez-vous au service cantonal des automobiles, contrôle technique, immatriculation.

Étapes un et deux : d'abord les papiers, ensuite le contrat

Trois documents décident si l'immatriculation sera une simple démarche au guichet ou une expertise. Le certificat de conformité — appelé COC dans toute l'Europe — contient les données techniques sous une forme normalisée, y compris les valeurs de gaz d'échappement et de bruit. Le certificat d'immatriculation parties I et II (Zulassungsbescheinigung Teil I et Teil II) prouve à qui appartient le véhicule et ce qu'il a vécu jusqu'ici. Le dernier rapport du contrôle technique allemand (Hauptuntersuchung, HU) montre ce qu'un contrôleur a vu en dernier.

Le COC est le point sur lequel un import bascule. S'il est joint, le contrôle en Suisse est une formalité. S'il manque, le service des automobiles exige une preuve distincte concernant les gaz d'échappement et le bruit, et c'est, après les redevances, le poste le plus important. Demandez-le avant la visite et faites-vous envoyer une photo — pas l'assurance qu'il « traîne sûrement quelque part ».

Ensuite seulement, le contrat de vente. Il doit préciser que le véhicule est vendu pour être exporté en Suisse, qui le désimmatricule, qui rend les plaques et quand les papiers et les clés sont remis. En cas d'achat chez un professionnel, il doit aussi indiquer si la facture fait apparaître la TVA ou est établie sous le régime de la marge (Differenzbesteuerung) — c'est de cela que dépend s'il y a quoi que ce soit à récupérer.

Étapes trois et quatre : désimmatriculer et convoyer

Un véhicule importé en Suisse ne garde pas ses plaques allemandes. La désimmatriculation se fait auprès du bureau d'immatriculation allemand (Zulassungsstelle), où les plaques sont dévalidées. Tant que ce n'est pas fait, la taxe sur les véhicules et l'obligation d'assurance continuent de courir dans le pays d'exportation — c'est le poste que les acheteurs oublient le plus souvent, parce qu'il n'apparaît que des mois plus tard sous forme de prélèvement.

Pour le trajet lui-même, il y a trois solutions : des plaques temporaires allemandes (Kurzzeitkennzeichen), des plaques d'exportation (Ausfuhrkennzeichen), ou pas de plaques du tout et une remorque à la place. Les plaques d'exportation sont la solution propre pour passer la frontière, parce qu'elles sont délivrées expressément dans ce but et s'accompagnent d'une assurance valable dans le pays de destination. Quelle variante convient à quel moment, l'article consacré au convoyage l'explique en détail.

Prévoyez le trajet un jour de semaine et vers un poste de douane occupé. Ce n'est pas un détail : qui passe le soir ou le dimanche par une frontière non occupée n'a pas de déclaration, et le dédouanement a posteriori coûte plus de temps que n'importe quel détour.

Étape cinq : la déclaration auprès de l'OFDF

L'autorité compétente est l'Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF, BAZG en allemand). La déclaration se fait à l'entrée, à un poste occupé, avec le véhicule sur place. Vous présentez le contrat de vente ou la facture indiquant le prix, les papiers étrangers du véhicule et votre pièce d'identité. Qui importe pour quelqu'un d'autre a besoin en plus d'une procuration.

Le résultat de cette étape est la décision de taxation, connue en Suisse sous le nom de formulaire 13.20A. C'est le document sans lequel rien ne se fait ensuite : le service des automobiles l'exige, et sans lui, pas de plaques. Il fixe en outre un délai dans lequel le véhicule doit être immatriculé.

Les heures d'ouverture des postes de douane varient beaucoup, et aux petits passages il n'y a pas toujours quelqu'un. Un appel la veille est la partie la moins chère de tout l'import.

Étape six : les redevances et leur base de calcul

Deux redevances sont dues à l'importation, et elles ne se calculent pas sur la même base. C'est pourquoi on ne peut pas les estimer en appliquant un pourcentage au prix d'achat. Les droits de douane, qui s'y ajoutaient autrefois en troisième, ont été supprimés.

  • Droits de douane : aucun. Depuis le 1er janvier 2024, la Suisse ne perçoit plus de droits de douane sur les voitures, pas même selon le poids. Vous devez tout de même déclarer l'importation auprès de l'OFDF.
  • Impôt sur les véhicules automobiles : un pourcentage de la valeur du véhicule, perçu à l'importation.
  • TVA à l'importation : sur la valeur du véhicule majorée de l'impôt sur les véhicules automobiles et des frais de transport jusqu'au lieu de destination en Suisse — donc sur une somme qui contient déjà l'impôt sur les véhicules automobiles.

Les taux se trouvent chez la Confédération, pas ici

Les taux actuels de l'impôt sur les véhicules automobiles et de la TVA à l'importation sont publiés par l'OFDF. Ils changent, et un chiffre dans un guide plus ancien que la dernière modification est pire que pas de chiffre du tout — le lecteur compte avec et se trompe. Ce qui ne change pratiquement jamais, c'est la base de calcul, et elle figure plus haut.

Faites votre calcul dans cet ordre : prix d'achat plus transport jusqu'à la frontière donne la valeur déterminante. Aucun droit de douane ne s'y ajoute plus. Sur cette valeur, l'impôt sur les véhicules automobiles. Sur la somme des deux, à laquelle s'ajoute le transport de la frontière jusqu'au lieu de destination en Suisse, la TVA à l'importation. Qui applique à la place un supplément forfaitaire au prix d'achat sous-estime régulièrement le dernier poste, parce que la TVA à l'importation porte sur le montant déjà augmenté.

S'y ajoutent les émoluments cantonaux pour le contrôle technique et l'immatriculation ainsi que les plaques de contrôle. Ils varient d'un canton à l'autre ; votre service cantonal des automobiles en publie la liste.

Étape sept : l'assurance et la preuve concernant les gaz d'échappement et le bruit

L'assurance responsabilité civile doit exister avant l'immatriculation. La confirmation est transmise électroniquement au service des automobiles ; vous n'avez rien à présenter vous-même, mais le contrat doit être en cours, sinon le rendez-vous est annulé. Un appel à l'assureur avec le numéro de châssis suffit en général.

Pour la preuve concernant les gaz d'échappement et le bruit, l'étape un porte ses fruits. Si le COC est disponible, ses valeurs suffisent en général. S'il manque, le service exige un contrôle distinct, avec rendez-vous et émolument, et pour les véhicules qui n'ont jamais été construits pour le marché européen, cela devient une expertise individuelle. L'avantage de prix d'un import d'outre-mer s'évapore régulièrement tout entier à ce stade.

Étape huit : contrôle technique (MFK) et immatriculation

Tout véhicule importé est présenté au service cantonal des automobiles (Strassenverkehrsamt), quelle que soit l'ancienneté du dernier contrôle technique allemand. Une HU valide ne remplace pas le contrôle technique suisse (Motorfahrzeugkontrolle, MFK). Le canton compétent est celui où habite le détenteur, pas celui où se trouve le véhicule.

Pour la présentation, il faut la décision de taxation, les papiers étrangers du véhicule, le COC et la preuve d'assurance. L'état technique est contrôlé selon les prescriptions suisses — y compris des points qui ne jouent aucun rôle en Allemagne, comme l'exécution de certains dispositifs d'éclairage et les pneus dans les dimensions inscrites.

Comme ordre de grandeur pour le planning : le dédouanement en une journée, le rendez-vous au service des automobiles en une à quatre semaines selon le canton et la saison. Avec une expertise individuelle, plutôt deux à trois mois. C'est un ordre de grandeur et non une promesse — au printemps, les rendez-vous sont plus rares qu'en novembre.

Quand le calcul bascule

Trois situations transforment un achat avantageux en achat coûteux. La première est l'absence du COC, parce qu'elle transforme le contrôle d'une formalité en expertise. La deuxième est un avantage de prix serré, calculé avec un supplément forfaitaire sur le prix d'achat : la TVA à l'importation porte sur une somme qui contient déjà l'impôt sur les véhicules automobiles et le transport, et c'est précisément ce poste que le supplément sous-estime. Un faible écart est ainsi vite absorbé.

La troisième est un défaut qui n'apparaît qu'au contrôle technique. Pour un véhicule acheté en Suisse, on en discute avec le vendeur ; pour un import, on se retrouve avec le véhicule dans le pays de destination, le vendeur est à l'étranger, et le contrat de vente exclut probablement la garantie légale. Un examen par un garage indépendant avant l'achat n'est donc pas un luxe pour un import, mais la protection contre précisément ce cas.

Et une situation où le calcul est presque toujours gagnant : un véhicule plus ancien à gros moteur et richement équipé, abondant en Allemagne et recherché en Suisse. L'écart de prix y est important, les redevances sont faibles en valeur absolue, et le COC est disponible, parce que le véhicule a été construit pour le marché européen.

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