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Vendre une voiture en France : cession, non-gage, ANTS
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En France, vendre une voiture est une démarche administrative aux étapes bien définies : quatre documents pour l'acheteur, une déclaration à l'ANTS et un code qui relie les deux. Qui connaît l'ordre des étapes est vraiment dégagé de l'affaire après la vente — même si l'acheteur emmène le véhicule de l'autre côté de la frontière.
Les papiers que reçoit l'acheteur
En France, le jour de la vente suit un ordre fixe : montrer les papiers, remplir le contrat, attendre le paiement, barrer la carte grise et la remettre, puis faire la déclaration à l'ANTS. La déclaration est l'étape que les vendeurs oublient le plus souvent, et la seule qui les protège après coup.
À côté des documents obligatoires, il y a ceux qui ne sont pas exigés mais qui pèsent sur le prix : carnet d'entretien, factures, toutes les clés et le certificat de conformité européen. Ce dernier ne joue aucun rôle pour une vente en France, puisque le véhicule y est déjà immatriculé ; pour un acheteur étranger, c'est souvent la feuille la plus importante de la pile.
L'obligation elle-même, la cession, repose sur quatre documents. Ce ne sont pas des recommandations : ils incombent au vendeur, et un acheteur averti les demande dès le premier appel. Les rassembler avant de publier l'annonce vous épargne la demande qui commence par « tout est là ? » et se termine par un refus :
- La carte grise barrée, c'est-à-dire le certificat d'immatriculation, en original.
- Le certificat de cession (formulaire cerfa 15776), rempli et signé par les deux parties, en deux exemplaires — un pour chacune.
- Le certificat de situation administrative, l'ancien certificat de « non-gage », à jour au moment de la vente.
- Le procès-verbal du contrôle technique, si le véhicule est assez ancien pour qu'il soit exigé.
Le certificat de situation administrative
Dans la vie courante, on parle toujours de certificat de non-gage ; officiellement, c'est le certificat de situation administrative, ou CSA. Il indique si un gage est inscrit sur le véhicule, généralement lié à un financement, et s'il existe une opposition — par exemple pour des créances impayées envers l'administration, ou parce qu'une procédure pour véhicules endommagés est en cours après un accident grave. Un véhicule déclaré volé y apparaît aussi.
Les deux ont des conséquences pour l'acheteur. Tant qu'un gage ou une opposition est inscrit, l'ANTS n'établit pas de nouvelle carte grise à son nom, et un acheteur étranger se retrouve avec un véhicule grevé, un problème qu'il ne peut guère régler depuis chez lui. Le certificat doit donc être récent ; son ancienneté maximale au moment de la vente est fixée et figure sur Service-Public, le portail administratif de l'État.
Le titulaire obtient gratuitement le CSA sur HistoVec, le service public d'historique des véhicules. HistoVec permet davantage : le titulaire y génère un rapport qui présente les événements inscrits au registre d'immatriculation, le nombre de titulaires, les dates des contrôles techniques avec les kilométrages relevés et les procédures pour véhicules endommagés inscrites, et le partage par lien avec un acheteur intéressé. L'acheteur ne peut pas le consulter lui-même — il doit le demander. Un vendeur qui envoie le lien sans se faire prier rend son annonce plus crédible que n'importe quelle phrase du texte.
Barrer la carte grise
Lors de la remise, la carte grise n'est pas simplement transmise, elle est annulée : le vendeur la barre en travers et y inscrit « vendu le », la date, l'heure et sa signature. L'heure a la même raison d'être que dans le contrat — elle répartit à la minute près la responsabilité des amendes et des dommages. Si la carte grise est au nom de plusieurs personnes, toutes signent.
Les cartes récentes comportent en bas un coupon détachable. Le vendeur le remplit et le remet à l'acheteur ; grâce à lui, l'acheteur peut circuler en France pendant une durée limitée, jusqu'à réception de sa propre carte grise. Le coupon est prévu pour le changement de titulaire en France, et il n'est pas valable hors de France.
La carte grise française est un document unique ; il n'existe pas de partie II séparée comme en Allemagne. Qui la perd n'a aucun autre document du registre en main. Avant de la barrer, prenez donc une photo de la carte intacte, puis une de la carte barrée, et conservez les deux avec votre exemplaire du contrat.
La déclaration de cession à l'ANTS
Après la vente, le vendeur déclare la cession à l'ANTS, l'Agence nationale des titres sécurisés, qui opère désormais sous le nom de France Titres — en ligne via le portail ou par l'intermédiaire d'un professionnel habilité. Le délai est court et fixé par la loi ; le mieux est de s'en occuper le soir même. On déclare les informations du certificat de cession : véhicule, acheteur, date et heure.
En retour, le vendeur reçoit une confirmation et un code de cession. Il transmet le code à l'acheteur, qui en a besoin pour demander la carte grise à son nom — lui aussi dans un délai fixé. Le vendeur garde la confirmation. C'est sa preuve que les flashs de radar et les amendes postérieurs à l'heure déclarée ne le concernent plus.
Prévenez votre assureur le jour même. En droit français, votre contrat est suspendu à partir du lendemain de la vente, et vous pouvez le résilier. Ne comptez pas sur un arrangement permettant à l'acheteur de rentrer « vite fait » chez lui sous votre assurance — assurez-vous plutôt qu'il dispose de sa propre police dès la remise.
Le contrôle technique et sa validité
À partir d'un certain âge du véhicule, la vente exige un procès-verbal de contrôle technique, et un procès-verbal récent : au moment de la vente, il ne doit pas dépasser une ancienneté fixée. Un procès-verbal encore valable pour le contrôle périodique peut donc déjà être trop ancien pour la vente. Les délais en vigueur sont indiqués par Service-Public et par tout centre de contrôle.
Le procès-verbal classe les défauts selon leur gravité. Les défaillances mineures sont notées et n'ont pas de conséquence immédiate. Les défaillances majeures exigent une réparation et un nouveau contrôle, la contre-visite, dans un délai qui leur est propre. Le vendeur peut s'en charger avant la vente, ou l'acheteur la prend à son compte ; qui la fait et qui paie la réparation doit alors figurer dans le contrat. Les défaillances critiques limitent déjà fortement la possibilité de repartir du centre de contrôle.
Pour un acheteur étranger, le procès-verbal français est avant tout une attestation de l'état du véhicule, avec date et kilométrage. C'est son service d'immatriculation qui décide s'il le reconnaît ; certains pays exigent de toute façon leur propre contrôle à l'importation. Comme preuve de ce qu'un organisme indépendant a constaté peu avant l'achat, il vaut néanmoins plus que n'importe quelle promesse faite au téléphone.
Quand l'acheteur vit à l'étranger
Vos obligations changent peu : les quatre documents restent de mise, la déclaration à l'ANTS aussi. Le code de cession ne sert alors à rien à l'acheteur, puisqu'il ne demande pas de carte grise en France — mais la déclaration vous protège, vous, précisément dans le cas où vous sauriez sinon le moins ce qu'il advient du véhicule.
L'usage est d'ajouter la mention « vendu pour export » sur la carte grise barrée. L'original part avec l'acheteur, car le service d'immatriculation de son pays l'exige ; ce service voudra aussi, en règle générale, voir le certificat de conformité européen. Si le COC manque, on peut en redemander un auprès du constructeur ou de son représentant. Cela prend du temps, et c'est à régler avant la vente, pas après.
Le passage de la frontière est l'affaire de l'acheteur, mais vous devriez savoir comment il le prévoit. Les plaques françaises restent sur le véhicule, car en France le numéro appartient au véhicule ; avec le coupon de la carte grise, l'acheteur ne peut toutefois circuler qu'en France, et votre assurance n'entre plus en jeu depuis la vente. Les solutions habituelles sont donc une remorque, une entreprise de transport ou une plaque de transfert de son propre pays, si celui-ci en délivre une à cet effet et si son assurance couvre tout le trajet.
Reste le paiement. Pour un acheteur de la zone euro, le virement instantané est la solution la plus simple, et la règle est la même que pour une vente en France : carte grise et clés seulement lorsque le montant est définitivement sur votre compte. Lors d'une vente transfrontalière, aucune administration ne vous aidera après coup si les choses se sont passées autrement.