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Occasion en Espagne : transferencia, taxe, vignette

6 min de lecture

Un achat d'occasion en Espagne comprend deux démarches que l'on confond volontiers : le changement de titulaire auprès de l'autorité de la circulation et la taxe que la région prélève sur l'achat. S'y ajoutent un rapport que chacun peut consulter, et un autocollant qui, dans certaines villes, pèse sur la valeur.

Contrat de vente et transferencia

La base est le contrat de vente (contrato de compraventa) avec les données d'identité des deux parties — DNI ou NIE —, l'immatriculation, le numéro de châssis, le prix, la date et l'heure. La DGT, l'autorité espagnole de la circulation, met à disposition un modèle que l'on peut utiliser, sans obligation. Sont remis le certificat d'immatriculation (permiso de circulación), la fiche technique avec une ITV (le contrôle technique espagnol) en cours de validité (tarjeta ITV ou ficha técnica) et, en règle générale, le justificatif de la taxe municipale sur les véhicules (IVTM) de l'année en cours.

Le changement de titulaire au nom de l'acheteur, la transferencia ou cambio de titularidad, est demandé par l'acheteur auprès de la DGT dans un délai déterminé : sur rendez-vous (cita previa) à la Jefatura Provincial de Tráfico (direction provinciale de la circulation), selon le cas par voie électronique via la Sede Electrónica avec une identification numérique, ou par l'intermédiaire d'une gestoría (cabinet de formalités administratives). La DGT perçoit pour cela sa redevance et exige le contrat ainsi que la preuve que la taxe de mutation a été déclarée. Elle délivre ensuite un nouveau permiso de circulación au nom de l'acheteur.

Le vendeur dispose de sa propre protection : il peut déclarer lui-même la vente à la DGT (notificación de venta), avec le contrat et les données de l'acheteur. Cela établit à partir de quand le véhicule ne lui appartient plus, même si l'acheteur tarde à faire la transferencia. En tant qu'acheteur, sachez que cette déclaration existe : un vendeur qui la fait ne s'en remet pas à vous, et c'est son droit le plus strict.

La taxe sur l'achat

Si vous achetez à un particulier, la taxe de mutation est due : l'Impuesto sobre Transmisiones Patrimoniales, ou ITP. Elle est à la charge de l'acheteur et relève des communautés autonomes : chaque région fixe elle-même son taux, certaines avec des règles propres pour les véhicules anciens. C'est la région où l'acheteur a son domicile qui est déterminante.

Elle n'est pas simplement calculée sur le prix d'achat. Le ministère espagnol des Finances publie des barèmes de valeurs moyennes officielles par modèle, minorées selon l'âge du véhicule ; on retient la plus élevée des deux valeurs, barème ou prix. Une voiture achetée à bon prix n'est donc pas moins taxée, et un contrat avec un prix trop bas ne fait rien économiser.

La taxe est déclarée et payée auprès de l'administration fiscale de la région, de plus en plus par voie électronique ; l'acheteur présente le justificatif lors de la transferencia. De nombreuses régions proposent un simulateur qui calcule, à partir de la marque, du modèle et de la date de première immatriculation, la valeur retenue — faites le calcul avant l'achat, pas après. Si vous achetez à un professionnel qui facture la TVA, l'ITP n'est en général pas due ; l'imposition passe alors par lui.

Le rapport du véhicule de la DGT

La DGT délivre pour chaque immatriculation un rapport du véhicule (informe de vehículo), que chacun peut obtenir moyennant une redevance via la Sede Electrónica, même sans l'accord du titulaire. Il existe en plusieurs versions ; pour un achat, c'est le rapport complet (informe completo) qu'il vous faut.

Ce rapport est un outil pour vous, pas une pièce justificative du vendeur. Un rapport qu'il vous envoie sous forme de fichier ne mérite votre confiance que dans la mesure où vous l'avez consulté vous-même — avec l'immatriculation que vous avez vue sur le véhicule.

Ses limites sont celles de tout registre : un accident réparé sans déclaration n'y figure pas, et les kilométrages ne proviennent que des passages à l'ITV. Une réserve de propriété est en outre inscrite au Registro de Bienes Muebles (registre des biens meubles) ; pour un véhicule qui a été financé, une consultation supplémentaire de ce registre vaut la peine. Le rapport lui-même indique ce qui est tenu dans le registre de la DGT et y a été déclaré :

  • Le nombre de titulaires précédents et les dates d'immatriculation.
  • Les charges : saisies (embargos), immobilisations (precintos) et restrictions du droit de disposer, par exemple une réserve de propriété liée à un financement (reserva de dominio).
  • Les passages à l'ITV avec leur résultat et le kilométrage relevé à cette occasion.
  • Si le véhicule a été retiré de la circulation, temporairement ou définitivement (baja).
  • Les campagnes de rappel en cours, dans la mesure où elles ont été signalées.

NIE et domicile

En tant qu'étranger, vous avez besoin pour la transferencia d'un Número de Identidad de Extranjero, ou NIE (numéro d'identification des étrangers). Sans lui, la DGT n'accepte aucune demande à votre nom, et la déclaration de l'ITP passe elle aussi par ce numéro.

Le NIE est également délivré aux non-résidents ; il se demande auprès des services de police compétents en Espagne ou dans un consulat espagnol. Cela prend du temps, et les rendez-vous sont rares dans certaines provinces. Si vous voulez acheter en Espagne, demandez donc ce numéro avant de chercher, et pas une fois le bon véhicule trouvé.

Le NIE ne remplace pas un domicile. La DGT rattache chaque véhicule à une adresse en Espagne, à laquelle sont envoyés les avis et les amendes, et la commune de cette adresse perçoit l'IVTM. Si vous n'avez pas d'adresse espagnole et ne comptez pas utiliser le véhicule en Espagne, ne visez même pas la transferencia à votre nom : passez par l'exportation — voir plus bas.

La vignette environnementale et son effet sur le prix

En Espagne, un autocollant contribue à déterminer où un véhicule a le droit de circuler. Il produit ses effets à travers les zones à faibles émissions (zonas de bajas emisiones) que les grandes communes doivent mettre en place. Quelles catégories peuvent entrer dans quelle zone, à quelles heures et à partir de quand : chaque ville le fixe elle-même, et les règles se durcissent progressivement. Un véhicule sans vignette n'est donc plus guère utilisable raisonnablement dans une ville à zone stricte, alors qu'il circule sans restriction dans une petite commune sans zone.

C'est précisément ce qui modifie le prix. Là où des zones strictes s'appliquent, les véhicules sans vignette ou classés B se vendent plus difficilement et sont moins chers en conséquence ; un diesel C ou un hybride ECO y conserve mieux sa valeur. Qui achète en Espagne ne tient donc pas seulement compte de l'usage actuel, mais aussi de la revente dans quelques années — et demande à sa commune de résidence son calendrier. Pour un acheteur qui exporte, en revanche, la vignette ne compte pas : les zones à faibles émissions du pays de destination obéissent à leur propre système et à la norme antipollution indiquée dans les papiers, pas à l'autocollant espagnol.

La catégorie est attribuée par la DGT et matérialisée par un autocollant de couleur (distintivo ambiental). Elle découle de la motorisation et de la norme antipollution et figure au registre ; on peut la consulter avec l'immatriculation sur le site de la DGT. Les catégories :

  • 0 Emisiones (bleu) : véhicules électriques, véhicules à pile à combustible et hybrides rechargeables avec une autonomie électrique suffisante.
  • ECO : les autres hybrides ainsi que les véhicules au gaz qui remplissent les conditions d'émissions.
  • C (vert) : essence à partir d'Euro 4, diesel à partir d'Euro 6.
  • B (jaune) : essence selon la norme Euro 3, diesel selon les normes Euro 4 et 5.
  • Sans vignette : véhicules plus anciens, en deçà de ces normes.

Acheter pour exporter

Si le véhicule doit quitter l'Espagne, deux voies sont possibles. La première : vous le faites d'abord inscrire à votre nom, puis vous le radiez pour l'exportation. Cela suppose un NIE, une adresse espagnole et l'ITP, et n'a de sens que si vous comptez de toute façon utiliser le véhicule un certain temps en Espagne.

La seconde voie, la plus courante : après la vente, le vendeur demande lui-même la radiation définitive pour transfert dans un autre pays (baja definitiva por traslado a otro país). La DGT porte la radiation sur le permiso de circulación, et le véhicule sort du registre espagnol. L'acheteur emporte le permiso et la fiche technique et fait immatriculer le véhicule dans son pays. Une taxe de mutation est-elle due dans ce cas ? Clarifiez-le au préalable avec l'administration fiscale de la région — la question doit être réglée avant de toper.

Le contrat précise alors expressément que le vendeur demande la baja, dans quel délai, et qu'il vous en remet le justificatif. Pour passer la frontière, il existe des plaques de transit espagnoles dont la Jefatura indique les conditions ; il est souvent plus simple d'utiliser une remorque ou des plaques de transfert de votre pays, à condition qu'elles soient délivrées pour un véhicule se trouvant à l'étranger.

Mais surtout : avant l'achat, demandez à votre propre service d'immatriculation quels documents espagnols il veut voir. Le certificat de conformité européen (COC) en fait presque toujours partie. S'il manque, vous pouvez le commander auprès du constructeur — mais pas le jour où vous vous présentez au guichet avec le véhicule.

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