Importation
Importer une voiture en Suisse : ce qui s'ajoute au prix
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L'écart de prix entre deux marchés ne dit pas grand-chose tant qu'on ne sait pas ce qui s'ajoute encore jusqu'aux plaques suisses. Cet article passe en revue les postes un par un — et nomme les deux où le calcul bascule le plus souvent.
Pourquoi le calcul peut être gagnant
Un même modèle, avec le même équipement, n'est pas coté de la même façon sur les différents marchés européens. Cela n'a rien à voir avec la qualité du véhicule, mais avec l'offre, la demande et la logique fiscale propre à chaque pays. Un break doté d'un gros moteur diesel est plus cher là où il est recherché, et moins cher là où la fiscalité le pénalise.
Pour l'acheteur, cela signifie que la comparaison vaut la peine, mais seulement avec le calcul complet. Mettre simplement côte à côte deux prix d'annonce, c'est comparer deux chiffres qui ne signifient pas la même chose.
Les postes, dans l'ordre
Lors d'une importation en Suisse, plusieurs postes s'ajoutent au prix d'achat. Les taux exacts sont fixés par la Confédération et évoluent ; l'ordre et la base de calcul, eux, restent les mêmes, et cela suffit déjà pour établir un calcul.
- Aucun droit de douane : depuis le 1er janvier 2024, la Suisse ne perçoit plus de droits de douane sur les voitures. Vous devez tout de même déclarer l'importation, à un poste de douane occupé par du personnel.
- L'impôt sur les véhicules automobiles, un pourcentage de la valeur du véhicule.
- La TVA à l'importation, calculée sur la somme du prix d'achat, de l'impôt sur les véhicules automobiles et du transport jusqu'au lieu de destination en Suisse — elle s'applique donc aussi à l'impôt sur les véhicules automobiles.
- L'expertise (le contrôle technique cantonal) et l'immatriculation dans le canton de domicile, plus les plaques et l'assurance.
- Le transport, que ce soit par la route avec des plaques provisoires à la journée ou sur une remorque.
Les deux points où le calcul bascule
Le premier est le certificat de conformité. Les véhicules bénéficiant d'une réception par type européenne s'immatriculent de façon relativement simple ; si ce document manque ou s'il s'agit d'une importation directe depuis l'extérieur de l'Europe, une réception individuelle devient nécessaire. Elle coûte du temps et de l'argent, et sur un véhicule ancien, elle peut absorber tout l'avantage de prix.
Le second est la norme antipollution, combinée à l'impôt cantonal sur les véhicules. Plusieurs cantons calculent cet impôt d'après la cylindrée, le poids ou les émissions de CO₂, et les écarts entre cantons sont considérables. Un véhicule bon marché à l'usage dans un canton ne l'est pas dans le canton voisin.
Comment calculer de façon réaliste
Prenez le prix de l'annonce, ajoutez le transport et comptez les deux taxes, l'impôt sur les véhicules automobiles et la TVA à l'importation, selon les taux actuels de la Confédération — ils figurent sur le site de l'Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF), seule source fiable en la matière. Ajoutez l'expertise, l'immatriculation et une réserve pour ce qui sera relevé lors de l'expertise. Seule cette somme est comparable au prix d'une annonce suisse.
Une règle empirique qui a fait ses preuves : si, après ce calcul, l'écart est inférieur à environ dix pour cent, l'effort n'en vaut généralement pas la peine — trop d'impondérables, trop de temps personnel. S'il est nettement supérieur, cela devient intéressant.
Ce qu'il faut régler avant de partir
Demandez à l'avance au vendeur le certificat de conformité, le carnet d'entretien complet et la partie II du certificat d'immatriculation (Zulassungsbescheinigung Teil II). Vérifiez si le véhicule a déjà été immatriculé à l'étranger. Et convenez du mode de paiement : un paiement en espèces par-delà une frontière est soumis à des obligations de déclaration, et un vendeur qui n'accepte que du liquide est une bonne raison de poser des questions.