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Crit'Air : la vignette antipollution pour la France

7 min de lecture

La vignette Crit'Air est un autocollant rond portant un chiffre, et si vous ne faites que traverser la France par l'autoroute, vous pouvez souvent vous en passer. Mais pour entrer dans une ville dotée d'une zone à faibles émissions, il vous la faut, même avec une immatriculation étrangère — et collée sur le pare-brise avant de partir, car elle arrive par la poste.

Ce qu'indique la vignette

Officiellement, la vignette s'appelle « certificat qualité de l'air ». Elle range un véhicule dans l'une de six classes, de 0 à 5, chacune avec sa propre couleur. Plus le chiffre est bas, plus le véhicule est considéré comme propre. Les véhicules très anciens en sont totalement exclus : ils n'obtiennent pas de vignette et sont dits non classés, ce qui signifie en pratique qu'ils sont les premiers écartés partout où des restrictions s'appliquent.

Outre la classe, la vignette porte le numéro d'immatriculation du véhicule. Elle est donc liée à cette voiture précise, avec cette immatriculation précise. Collée sur une autre voiture, ou si la voiture a entre-temps changé d'immatriculation, elle n'atteste plus rien. Elle se place à l'avant, sur le pare-brise, de façon à être lisible de l'extérieur ; une vignette rangée dans la boîte à gants ne compte pas.

La vignette n'est ni un péage ni une taxe. C'est un marquage sur la base duquel les villes et les autorités définissent quels véhicules peuvent entrer dans une zone, et à quel moment. La manière de contrôler — par la police et les agents municipaux lors d'un arrêt ou d'un stationnement, ou de façon automatique — varie d'un endroit à l'autre et évolue. Partez du principe qu'il y aura des contrôles, et non que vous y échapperez.

Ce qui détermine la classe

Trois données déterminent la classe : le type de véhicule (voiture particulière, utilitaire léger, deux-roues motorisé ou poids lourd), la motorisation et la norme antipollution Euro selon laquelle le véhicule a été homologué. Si la norme ne figure pas dans les papiers, c'est la date de première immatriculation qui la remplace, car elle permet d'en déduire la norme minimale exigée à cette date.

Pour les voitures particulières, on obtient un classement facile à retenir :

  • Crit'Air 0, vert : véhicules 100 % électriques et à hydrogène.
  • Crit'Air 1, violet : véhicules au gaz, hybrides rechargeables et essence à partir d'Euro 5.
  • Crit'Air 2, jaune : essence Euro 4 et diesel à partir d'Euro 5.
  • Crit'Air 3, orange : essence Euro 2 ou 3 et diesel Euro 4.
  • Crit'Air 4, bordeaux, et Crit'Air 5, gris : diesels plus anciens, respectivement Euro 3 et Euro 2.

Deux points qui sautent aux yeux

À norme égale, un diesel obtient une classe moins favorable qu'un essence ; un diesel Euro 6 partage la classe 2 avec un essence Euro 4. Et un hybride non rechargeable est classé selon son carburant et sa norme, comme n'importe quel véhicule thermique ; seul l'hybride rechargeable obtient la classe 1 du seul fait de sa motorisation.

Le site officiel propose un simulateur qui détermine la classe à partir du type de véhicule, de la motorisation et de la norme ou de la date de première immatriculation. Si vous comptez acheter une voiture et rouler ensuite en France avec, vous pouvez ainsi vérifier avant l'achat dans quelle classe elle se situera — une différence qui se fait davantage sentir au quotidien que dans le prix.

Les zones et quand elles s'appliquent

La France associe deux types de restrictions à la vignette. Le premier, ce sont les zones à faibles émissions permanentes, les ZFE, mises en place par les agglomérations ; les plus connues se trouvent dans le Grand Paris et à Lyon. Dans une telle zone, les véhicules de certaines classes ne peuvent pas circuler à certaines heures. Chaque zone fixe elle-même les classes exclues, son périmètre et si l'interdiction s'applique en permanence ou seulement les jours ouvrés.

Le second type, ce sont les restrictions en cas de forte pollution. Lorsqu'un épisode de pollution est constaté dans un secteur, la préfecture peut instaurer une « circulation différenciée » pour sa durée : seuls les véhicules de certaines classes peuvent alors circuler, y compris là où il n'existe pas de zone permanente. Ces mesures sont annoncées à court terme, souvent la veille, et touchent justement les voyageurs qui n'en savent rien.

Les zones sont politiquement contestées en France. Le Parlement avait voté leur suppression, le Conseil constitutionnel a censuré cette partie de la loi pour des raisons de forme, et les zones continuent d'exister. Presque personne ne croit que le débat est clos pour autant. Il en découle pour vous une règle simple : ne vous fiez ni à un article de presse ni à ce qui valait il y a un an, mais consultez avant le trajet le site de la ville ou de la métropole dont vous traversez le territoire.

Une zone est signalée à son entrée, avec des panonceaux indiquant les classes et les horaires concernés. Le GPS ne connaît pas les zones de manière fiable, et une fois devant le panneau, il est généralement trop tard pour faire demi-tour.

Commander : uniquement sur le site officiel

La vignette est délivrée par un seul service : le site du gouvernement français consacré au « certificat qualité de l'air », exploité pour le compte du ministère chargé de l'Environnement. Son adresse se termine par « .gouv.fr ». La commande se fait en ligne, y compris depuis l'étranger, et la vignette arrive par la poste. Son prix est modique.

En cherchant « commander Crit'Air », on tombe souvent d'abord sur d'autres sites. Ils ont l'air officiels, facturent plusieurs fois le prix et, dans le meilleur des cas, se contentent de transmettre la demande ; dans le pire, rien n'arrive jamais, et vos papiers du véhicule se retrouvent chez un inconnu. Il n'y a aucune raison de payer un intermédiaire : le formulaire officiel est court.

Pour commander, il vous faut le numéro d'immatriculation, le pays d'immatriculation et un fichier du certificat d'immatriculation faisant apparaître les données du véhicule. Veillez à ce qu'il soit lisible et montre la page des caractéristiques techniques. Une copie illisible retarde le traitement, et c'est précisément ce temps qui vous manquera avant le départ.

Comme la vignette arrive par la poste, tout est affaire d'anticipation. L'acheminement vers l'étranger prend plus de temps qu'à l'intérieur de la France, et si vous commandez la semaine précédant le départ, vous risquez de partir sans. Ne comptez pas sur une confirmation de commande pour remplacer la vignette sur le pare-brise ; commandez assez tôt pour qu'elle soit collée avant le départ.

Avec une immatriculation étrangère

Les restrictions s'appliquent à tous les véhicules, quel que soit leur pays d'immatriculation. Une plaque étrangère ne dispense pas de la vignette, et une vignette environnementale d'un autre pays n'est pas reconnue : la vignette verte allemande (Umweltplakette) ne dit rien à un agent français, et inversement, Crit'Air n'est pas valable dans les zones environnementales allemandes.

Le piège le plus fréquent se trouve dans les papiers. De nombreux certificats d'immatriculation étrangers n'indiquent pas la norme Euro en clair, mais sous forme de code, voire pas du tout. Sur le certificat d'immatriculation harmonisé de l'UE, c'est le champ V.9 qui est prévu à cet effet, mais qu'il soit rempli ou non dépend du pays et de l'ancienneté du document. En l'absence de norme, le classement se fait d'après la date de première immatriculation — ce qui peut donner une classe moins favorable que celle que mérite la voiture, par exemple pour les véhicules qui respectaient déjà une norme avant qu'elle ne devienne obligatoire.

La norme figure de façon fiable dans le certificat de conformité, le COC. Gardez-le à portée de main et vérifiez, en remplissant le formulaire, s'il permet de joindre un tel justificatif supplémentaire. Si la classe de la vignette reçue ne correspond pas à ce qu'indiquent les papiers, contactez le service qui l'a délivrée avant d'entrer dans une zone avec la mauvaise classe.

Cela ne concerne pas que les voitures particulières. Les motos, camping-cars et utilitaires ont eux aussi besoin de la vignette et sont classés selon leurs propres tableaux.

Acheter une voiture en France

En France, l'immatriculation reste attachée au véhicule, même lorsqu'il change de propriétaire. Une vignette sur le pare-brise d'une voiture d'occasion lui correspond donc tant qu'elle roule avec cette immatriculation. Mais si la voiture fait le trajet du retour avec une autre immatriculation, par exemple une plaque de transit ou d'exportation, la vignette n'atteste plus rien : elle porte un numéro qui n'est plus sur la voiture.

Commander une nouvelle vignette pour une immatriculation qui n'existera que le jour de l'enlèvement n'aboutit pratiquement jamais à temps, en raison du délai postal. La bonne solution n'est donc pas la vignette, mais l'itinéraire : si le lieu d'enlèvement se trouve dans une zone, convenez avec le vendeur d'une remise du véhicule à l'extérieur, et prévoyez un trajet de retour qui ne traverse aucune zone. Vérifiez la veille si un épisode de pollution est annoncé dans la région.

Avant l'achat, il est utile de connaître la classe, même si la voiture ne reste pas en France. Demandez une photo du certificat d'immatriculation et cherchez-y le champ V.9 — sur les papiers français, il est généralement rempli. Vous savez ainsi ce que vous achetez, et vous avez l'information sous la main lorsque vous commanderez plus tard une vignette pour votre propre immatriculation.

Une fois la voiture immatriculée chez vous, chaque nouveau trajet dans une zone française obéit aux mêmes règles que pour tout véhicule étranger. La vignette est établie pour la nouvelle immatriculation, et l'ancienne doit être retirée du pare-brise — lors d'un contrôle, elle ne ferait que semer la confusion.

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