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Interroger le vendeur sans parler sa langue
7 min de lecture
La voiture vous plaît, mais le vendeur écrit en italien, en polonais ou en néerlandais. La barrière de la langue ne disparaît pas à coups de traduction, mais on peut la réduire : avec des questions qui n'ont besoin d'aucune traduction, et des réponses faites de chiffres, de dates et de photos.
Là où la langue fait vraiment obstacle
À la lecture d'une annonce, la langue étrangère gêne moins qu'on ne le pense. Les données clés — année, kilométrage, carburant, boîte de vitesses, puissance — proviennent de listes de choix et s'affichent sur Carvexia dans la langue dans laquelle vous consultez la page. Ce qui reste étranger, c'est la description : elle apparaît telle que le vendeur l'a rédigée, sans traduction.
Les choses se compliquent quand vous posez des questions. Chaque question formulée librement doit être traduite, et chaque réponse en retour. Entre les deux se perdent précisément les points qui comptent : « entretien fait » désigne-t-il un justificatif ou un souvenir, « aucun dommage » exclut-il aussi la grêle réparée, « deux clés » veut-il dire deux clés complètes ou une clé et une clé de secours ? Ces malentendus n'apparaissent qu'à la visite — donc après le trajet.
La stratégie n'est donc pas de mieux traduire, mais d'avoir moins à traduire. Tout ce qui peut se régler par une question fixe, une photo ou un chiffre n'a pas sa place dans une phrase.
Des questions fixes plutôt que des phrases libres : les déclarations du vendeur
Dans le formulaire de demande, sous chaque annonce, se trouve la partie dépliable « Ajouter des questions sur le véhicule ». Elle est facultative et contient un catalogue fixe de questions fermées — des questions auxquelles on répond par oui, non, « Je ne sais pas », un nombre ou un mois. C'est exactement ce qui les rend indépendantes de la langue : le vendeur choisit une réponse, il ne la formule pas.
Par demande, vous pouvez cocher jusqu'à cinq questions. Le vendeur les voit avec son annonce et peut y répondre directement, souvent aussi via un lien reçu par e-mail. C'est la réponse choisie qui est enregistrée, pas une phrase, et elle apparaît donc sur la page du véhicule dans toutes les langues du site. Un vendeur à Bologne choisit « Remplacée » pour la courroie de distribution et indique un mois ; vous lisez « Remplacée en 03/2023 ». C'est à lui de décider s'il répond et quand.
Les réponses figurent ensuite pour toutes les personnes intéressées sur la page du véhicule, avec leur date. Les questions posées mais encore sans réponse y apparaissent comme « en attente ». Regardez donc d'abord ce qui a déjà reçu une réponse : le formulaire ne propose plus les questions qui ont une réponse, et vos cinq questions restent disponibles pour ce qui manque encore. Le catalogue comprend :
- Papiers et propriété : carte grise (certificat d'immatriculation) en possession du vendeur, certificat de conformité (COC) disponible, leasing ou crédit en cours, véhicule importé d'un autre pays, export ou désimmatriculation possibles par le vendeur.
- Entretien : dernier entretien avec justificatif, courroie de distribution remplacée ou chaîne de distribution, date du dernier remplacement des pneus.
- État : dégâts de grêle ou d'eau connus, voyant d'alerte allumé au tableau de bord, véhicule fumeur, défauts connus.
- Équipement : nombre de clés, second jeu de roues inclus. Pour une voiture électrique s'ajoute le câble de recharge et, si le contrôle technique expire bientôt ou a expiré, la question de savoir s'il sera refait avant la remise.
Ce que signifie « Déclarations du vendeur, non vérifiées »
Au-dessus des réponses figure la mention « Déclarations du vendeur, non vérifiées », ou, pour un professionnel, « Déclarations du concessionnaire, non vérifiées ». Il faut la prendre au pied de la lettre. Carvexia ne vérifie aucune de ces réponses et ne les compare à aucun registre. Les déclarations du vendeur font en sorte que vous compreniez l'affirmation — pas qu'elle soit exacte.
Elles n'en sont pas sans valeur pour autant. Une déclaration écrite et datée sur une question précise n'a rien à voir avec un « tout est en ordre » au téléphone. Si le vendeur modifie une réponse, l'ancienne reste visible dans l'historique des modifications. Ce qu'il a déclaré, vous pouvez plus tard le mettre à côté des papiers, du contrat et du véhicule. Si une déclaration ne résiste pas à la visite, c'est une information sur le véhicule et sur le vendeur ; si elle est manifestement fausse, vous pouvez la signaler via « Déclaration inexacte ? Signaler ».
Deux remarques encore. « Je ne sais pas » est une réponse honnête et souvent meilleure qu'une réponse devinée — qui roule avec un véhicule de seconde main ignore peut-être réellement quand la courroie de distribution a été changée. Et le seul texte libre du catalogue, la description des défauts connus, apparaît dans sa version originale, avec la mention qu'il n'est pas traduit. Celui-là, vous le traduisez vous-même, et en cas de doute, vous posez la question.
Demander des photos : des réponses sans traduction
À certaines questions, une photo répond mieux que n'importe quelle phrase, et ce dans toutes les langues. Le formulaire de demande propose pour cela l'option « Demander des photos ». Vous choisissez ce que vous voulez voir, et le formulaire en tire le message. Le vendeur peut répondre par e-mail ou ajouter les photos à l'annonce — tout le monde les voit alors.
Le message est rédigé dans la langue dans laquelle vous consultez la page, et vous pouvez le modifier avant de l'envoyer. La page du véhicule existe dans de nombreuses langues ; si vous la basculez au préalable dans la langue du vendeur, le modèle de message sera lui aussi dans sa langue, et les éléments choisis apparaîtront dans le même ordre.
Pour les photos que vous recevez, regardez ce qu'elles montrent : le kilométrage correspond-il à l'annonce, voit-on des voyants d'alerte, le carnet d'entretien porte-t-il des tampons avec date et kilométrage ? Au choix figurent les endroits qu'il est le plus difficile d'embellir en photo :
- Le compteur, contact mis — kilométrage et voyants sur une seule image.
- Le carnet d'entretien ou les justificatifs d'entretien.
- Le soubassement.
- Les sculptures des pneus de toutes les roues.
- Toutes les clés côte à côte.
- La carte grise (certificat d'immatriculation), avec le nom et l'adresse masqués — vous avez besoin des données du véhicule, pas des données personnelles du détenteur.
Un texte libre qui résiste à la traduction
Il est rare de pouvoir se passer complètement de ses propres phrases. Le texte de votre message parvient au vendeur tel que vous l'avez écrit ; Carvexia ne le traduit pas. La réponse vous arrive directement par e-mail, dans sa langue. Si vous utilisez un logiciel de traduction, écrivez de façon à ce qu'il puisse se tromper le moins possible. Ce qui a fait ses preuves :
- Une idée par phrase, une question par ligne, numérotée. Le vendeur peut alors répondre « 1 : oui, 2 : 2019 ».
- Pas d'expressions toutes faites, pas d'ironie, pas de raccourcis comme « carnet à jour » ou « CT OK ». Un logiciel de traduction ne connaît souvent pas ces formules ou les traduit mot à mot.
- Les termes techniques tels qu'ils figurent sur les papiers et les factures : courroie de distribution, embrayage, disques de frein — pas « la pièce à l'avant gauche ».
- Des questions fermées plutôt qu'ouvertes. « L'embrayage a-t-il été remplacé ? » résiste mieux à la traduction que « Où en sont les pièces d'usure ? ».
- Faites retraduire votre propre texte une fois avant de l'envoyer. Ce qui se déforme à ce moment-là se déformera aussi chez le vendeur.
- Et dans l'autre sens : si une réponse traduite semble contradictoire, relancez avec une question fermée plutôt que d'interpréter la traduction.
Chiffres, dates, numéros : une langue commune
Les chiffres ne se traduisent pas, tout au plus s'écrivent-ils différemment. Posez donc vos questions de sorte que la réponse soit un chiffre : kilométrage lors du dernier entretien, mois et année du remplacement de la courroie de distribution, date du dernier contrôle technique. Pour les dates, la notation mois/année aide, comme dans les déclarations du vendeur. Une date complète comme 04/03/2024 est en revanche délicate : en Europe, on lit le 4 mars, un programme réglé sur l'anglais peut-être le 3 avril.
Le numéro le plus important est le numéro de châssis (FIN en allemand, VIN à l'international) : 17 caractères selon une norme internationale, dans lesquels les lettres I, O et Q n'apparaissent pas. Faites-vous-le envoyer et comparez-le — avec les papiers, avec la photo de la plaque constructeur, plus tard avec le véhicule. Un numéro identique à trois endroits n'a besoin d'aucune traduction.
Les papiers aussi parlent une langue commune, si l'on connaît leurs codes. Les certificats d'immatriculation des États de l'UE portent des codes de champs harmonisés : B est la date de première immatriculation, E le numéro d'identification du véhicule, quelle que soit la langue du libellé à côté. Le permis de circulation suisse (Fahrzeugausweis) a sa propre structure, avec des champs numérotés ; le numéro de châssis y figure au chiffre 23, la première mise en circulation au chiffre 36.
Indiquez toujours les montants avec leur code de devise — EUR, CHF, PLN, SEK — et demandez au vendeur d'en faire autant. Si un compteur affiche des miles au lieu de kilomètres, il faut le clarifier avant de parler du kilométrage.
Contrat et papiers, quand ça devient sérieux
Au plus tard au moment du contrat, un logiciel de traduction ne suffit plus. Ce que vous signez vous engage, que vous l'ayez compris ou non. Le plus propre est un contrat de vente bilingue, avec les deux versions côte à côte, ou un contrat dans une langue que vous lisez tous les deux sans hésitation. Les informations décisives, écrivez-les de façon à ce qu'elles n'aient besoin d'aucune langue : numéro de châssis, kilométrage, prix avec code de devise, date et lieu de la remise.
Les déclarations du vendeur servent ici aussi. Ce que le vendeur y a indiqué — nombre de clés, aucun financement en cours, aucun dégât de grêle connu — peut figurer au contrat comme engagement exprès. S'il refuse de signer ce qu'il a déclaré publiquement, c'est une réponse qui, elle non plus, n'a besoin d'aucune traduction.
Que le service des immatriculations de votre pays exige ou non une traduction des papiers étrangers dépend du pays et du document. Renseignez-vous avant l'achat, pas après, auprès du service des automobiles ou du service des immatriculations de votre lieu de résidence. Le déroulement complet d'un achat à distance est décrit dans l'article consacré à l'achat d'une voiture que vous n'avez jamais vue.